A l’occasion des questions d’actualité du jeudi après midi, j’ai vivement interpellé Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé sur les propos tenus par le Gouvernement sur la” Fraude Sociale”.
“Monsieur SARKOZY estimait, il y a quelques jours, que « voler la Sécurité Sociale, c’est trahir la confiance de tous les Français » en annonçant dans la foulée des contrôles plus stricts de la part de l’Administration. Parallèlement à cela, Monsieur BERTRAND annonçait quant à lui, la mise en place d’un quatrième jour de délai de carence dans le secteur privé et l’instauration d’un jour de carence dans les trois Fonctions Publiques. Bien sûr, personne ne saurait accepter la fraude quelle qu’elle soit, mais les préoccupations électoralistes que vous affichez, sont aussi évidentes que malsaines. Vous prenez effectivement et délibérément le risque, pour instrumentaliser la fraude, de punir les malades tout en désignant tous les salariés comme des fraudeurs ou des voleurs potentiels, sans oublier les médecins qui sont les prescripteurs des arrêts maladie. Faut-il préciser au passage que moins de 3% des indemnités maladie sont versés pour des arrêts de moins de dix jours. Vous vous livrez de surcroit à un exercice qui vous est familier et qui consiste à opposer les salariés du privé à ceux du public. Ce faisant je m’autorise à dire que vous flirtez avec le populisme. Dans le même temps, et s’agissant de la fraude, il existe un domaine où je vous trouve jusqu’à présent bien discret et nous aimerions vous voir déployer autant d’énergie et de sévérité contre les entrepreneurs qui fraudent sur les cotisations sociales ( montant estimé 2 milliards) ou contre ces patrons voyous qui bénéficient de l’argent public, puis qui délocalisent. Par ailleurs, qu’avez-vous fait pour lutter contre l’évasion fiscale, notamment en Suisse, alors qu’un ancien Ministre du Budget prétendait, ici même, connaître les tricheurs ? Rien, ou si peu ! Pour l’instant tout cela suppose des moyens que vous n’avez pas ! En France, la fraude aux prestations sociales, c’est 400 millions d’euros et c’est déjà trop, mais ils ne pèsent pas grand-chose par rapport aux 25 milliards d’euros que représente la fraude fiscale dans notre Pays. Partant de ce constat, ma question est simple : vous reste-t-il suffisamment de lucidité pour reconnaître que les plus modestes, je le répète, ne sont pas tous potentiellement des voleurs ou des profiteurs du système mais, bien au contraire, les victimes de votre politique d’injustice fiscale ?”